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Le centenaire de la bataille de Crouy

La bataille de Crouy, appelée aussi « Affaire de Crouy » ou « Affaire de Soissons », se déroule du 8 au 14 janvier 1915. L’offensive française prévue au nord de Soissons, échoue face à la détermination des Allemands, qui refoulent les Français sur la rive sud de l’Aisne lors d’une semaine sanglante.

Depuis la fin de 1914, le secteur au nord de Soissons est sous le feu permanent de l’artillerie allemande, tandis que la rivière de l’Aisne ralentie le ravitaillement des troupes qui tentent de se maintenir sur les plateaux aux abords du Chemin des Dames. Les offensives allemandes à Chavonne et à Vailly, à l’automne 1914, ont montré la précarité des positions défensives françaises et la faible efficacité de l’artillerie bloquée sur la rive gauche de la rivière. L’état-major français cherche alors à renforcer ses positions sur la rive gauche de l’Aisne, notamment pour pouvoir y installer son artillerie, se refusant à tout repli sur la rive droite. L’heure est encore à l’esprit offensif. Ce secteur intéresse également les Allemands, qui veulent refouler les Français sur la rive droite de l’Aisne, dans la continuité du front entre Soissons et Vailly. Une attaque est donc planifiée pour le 14 janvier 1915, principalement sur le plateau de Vregny. Côté français, c’est la 55e division d’infanterie qui participe à la bataille. Elle est composée des 204e, 282e, 289e et 231e RI – dernier régiment dans lequel vient d’arriver le soldat Henri Barbusse avant de devenir brancardier au 246e puis au 276e RI. Dans son roman Le Feu (prix Goncourt 1916), l’auteur témoigne de la vie et de la mort de ses camarades dans la terrible bataille qui s’engage au début de l’année 1915 dans l’Aisne.

Le 8 janvier 1915, le général Berthelot lance les troupes à l’attaque de l’éperon 132, qui domine la ville de Soissons. Les combats sont acharnés, les contre-attaques allemandes se multiplient, mais le 10 janvier le plateau est pris, grâce notamment aux assauts des 35e et 47e RI. En revanche, une attaque pour s’emparer de la « dent de Crouy » (saillant allemand dans la ligne de front) échoue le 11. Dans la nuit du 11 janvier, la situation change radicalement, notamment à cause de la crue subite de l’Aisne. Les ponts et les passerelles sont détruits et le passage des troupes et du ravitaillement est sérieusement compromis.

Le 12 janvier, les Allemands déclenchent une contre-attaque générale autour de Crouy, à laquelle assiste le Kaiser en personne depuis un observatoire situé au Moulin de Laffaux. La riposte française est confiée à un officier, tout juste promu général, Robert Nivelle, à la tête de la 14e DI, et qui associera à jamais son nom, en 1917, à celui du Chemin des Dames situé à quelques kilomètres plus au nord. Les Allemands reprennent l’éperon 132. Pour le général allemand von Luchow c’est un succès total, tout le plateau est sous son contrôle dans la soirée. Le 13 janvier, l’ensemble des troupes allemandes attaquent le plateau de Vregny. Attaqués de toutes parts, les Français doivent se replier progressivement, malgré des tentatives désespérées de résistance. A 22h00, le 13 janvier, le général Maunoury, commandant en chef de la 6e Armée, doit ordonner le repli sur la rive sud de l’Aisne. Les survivants français passent la rivière sous le feu de l’artillerie, pourchassés par l’avant-garde allemande. Les Français ont dû reculer et le front est désormais aux portes de Soissons. Côté français, le bilan de la bataille est lourd. On compte environ 11 000 soldats hors de combat, dont un très grand nombre de disparus et 5400 prisonniers (certains soldats n’ayant pas pu se replier à temps). Parmi les tués, on compte plusieurs artistes et hommes politiques, comme le poète du Périgord, Louis Gendreau, lieutenant au 44e RI ; le poète et musicien, Robert le Marchand ; ou encore Claude Casimir Perier, capitaine au 276e RI, fils du Président de la République, Jean Casimir Perier (1894-1895).

En France, la défaite devient « l’affaire de Soissons » : les répercussions sont considérables dans l’opinion publique comme chez les politiciens. Dans l’armée française, plusieurs généraux et officiers sont évincés, dont le général Berthelot. Joffre est même ouvertement remis en cause. Les articles de presse sont partout censurés afin de minimiser l’échec et la crue de l’Aisne devient la cause principale de la débâcle française. Or, la bataille de Crouy s’est avérée être « le choc fortuit de deux plans offensifs à l’issue duquel l’état-major le plus réactif et le plus audacieux l’a emporté » (F. Beauclerc).

Le centenaire de la Bataille de Crouy donnera lieu les 9 et 10 mai 2015 à plusieurs cérémonies à Crouy ainsi qu’à des évocations historiques autour d’un campement avec la présence de plus de 100 participants venus de toute l’Europe habillés en tenue 1914/1915.

Programme :

Samedi 9 mai

10h30 : départ des groupes de reconstitution pour les cérémonies dans Crouy
11h00 : cérémonie au monument Henri Barbusse
11h30 : cérémonie aux monuments Joussot et Mont
12h00 : cérémonie aux monuments aux morts communal
12h30 : défilé des troupes et retour au campement
15h00 : visite commentée de la cote 132 (rdv au chemin des bouquets ou au campement).

Dimanche 10 mai

Toute la journée : ateliers, scénettes reconstitutées et présentations des unités au campement.

Présence d’une roulante allemande entièrement restaurée par l’association Eperon 132 (servant gulash et café), d’un canon de 80 de montagne et d’un équipage d’un canon de 75 français.

Voir la page Facebook du centenaire de la Bataille de Crouy : www.facebook.com/CENTENAIREBATAILLEDECROUY19152015

Pour plus de renseignements, voir le site de l’association « Eperon 132 » : http://pagesperso-orange.fr/EPERON-132-CROUY/

Source principale : Franck Beauclerc, Soissons et la bataille de Crouy, YSEC, 2009.

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